Un regard sur l’actualité
(Traduit)
Un regard sur l’actualité – 11 juillet 2025
Netanyahu et Trump discutent de la gestion du processus génocidaire à Gaza
Le Premier ministre de l’entité sioniste, Netanyahu, a effectué une visite à Washington et a tenu des réunions avec le président américain Trump les 8 et 9 juillet 2025. Les discussions se seraient concentrées sur les efforts visant à libérer les otages à Gaza, et, selon les propos de Netanyahu, sur les conséquences de la « grande victoire » remportée sur l’Iran ainsi que sur les opportunités qu’elle offre.
Le représentant américain pour le Moyen-Orient, Witkoff, a déclaré qu’« Israël et le Hamas sont proches de conclure un accord de cessez-le-feu, 21 mois après le début de la guerre ». Il a précisé que « le nombre de points de blocage entre Israël et le Hamas est passé de quatre à un », et s’est dit « optimiste » quant à la conclusion d’un accord prévoyant un cessez-le-feu de 60 jours, la libération en vie de 10 otages et la restitution des corps de 9 otages décédés. (Agence Reuters)
L’un des dirigeants du Hamas, Tahir al-Nunu, a déclaré à Reuters : « Le mouvement mène un processus de négociation difficile. » Selon une source informée de la position du Hamas, les négociations de quatre jours à Doha n’ont permis aucune avancée notable sur trois points clés : la libre circulation de l’aide humanitaire vers Gaza, les lignes de retrait des forces israéliennes, et les garanties que ces discussions mèneront à un cessez-le-feu durable.
La même source a déclaré : « Israël souhaite conserver son contrôle sur environ un tiers de la bande de Gaza, y compris le corridor de Morag (Muarej) situé entre Rafah et Khan Younès. » Elle a également affirmé : « Israël insiste pour maintenir le système controversé de distribution d’aide humanitaire dirigé par la Fondation d’aide à Gaza, soutenue par les États-Unis. » Pourtant, les Nations unies et plusieurs organisations humanitaires dénoncent ce système comme inhumain et dangereux, soulignant que l’entité sioniste a tué plus de 613 personnes qui attendaient de l’aide à travers ce dispositif.
L’entité sioniste poursuit chaque jour sa guerre génocidaire à Gaza en massacrant des dizaines de personnes. Selon le ministère de la Santé de Gaza, le nombre de martyrs dépasse les 57 000. Malgré cela, les régimes des pays musulmans, y compris ceux des pays voisins, se contentent de regarder ce génocide et cette famine sans réagir, espérant que l’Amérique et l’entité sioniste mettront un terme à cette guerre pour calmer la pression de l’opinion publique.
Il est établi que Trump et Netanyahu mènent des négociations visant à suspendre temporairement le génocide à Gaza, pour ensuite le reprendre comme lors des deux précédents cessez-le-feu. Il apparaît ainsi qu’ils cherchent à mettre en œuvre le projet de Trump : vider Gaza de sa population, le transformer en zone touristique, et y maintenir une fraction de la population pour l’exploiter dans les secteurs de la construction et des services.
Le représentant américain façonne la “Nouvelle Syrie”
Le représentant spécial des États-Unis pour la Syrie, Tom Barrack, a effectué une visite à Damas le 8 juillet 2025, où il a rencontré le président syrien Ahmad al-Shara ainsi que le commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi. Après la rencontre, le représentant américain a déclaré : « Les Forces démocratiques syriennes agissent lentement en ce qui concerne leur intégration au gouvernement. Pourtant, un seul chemin s’ouvre à elles, et il passe par Damas. Le gouvernement syrien a accompli un excellent travail en leur présentant différentes options. » (Al-Jazeera)
Le représentant américain est désormais l’architecte de la « Nouvelle Syrie » dirigée par Ahmad al-Shara. En plus de son poste d’ambassadeur à Ankara, Barrack est également en charge du dossier syrien et effectue des allers-retours constants entre Damas et Ankara. Quant à Ahmad al-Shara, devenu l’homme des Américains, il s’est entièrement soumis à Washington avec le soutien de la Turquie.
C’est pourquoi le représentant américain exerce des pressions sur le commandant des FDS, Mazloum Abdi, pour qu’il mette en œuvre le protocole signé avec le président syrien Ahmad al-Shara le 10 mars 2025, qualifié d’« accord historique ». Cet accord prévoit l’instauration d’un cessez-le-feu global, l’intégration des institutions civiles et militaires des FDS, ainsi que des points de passage, des aéroports et des champs pétroliers dans les structures de l’État syrien. Il garantit à tous les Syriens, sans distinction, le droit de participer à la vie politique, engage les parties à faciliter le retour des déplacés, à lutter contre les vestiges du régime de Bachar al-Assad et à rejeter toute tentative de division ou de sédition. Il est prévu que cet accord soit pleinement appliqué avant la fin de l’année.
Quant aux États-Unis, ils rejettent les conditions posées par les FDS et exigent qu’elles renoncent à leur système d’administration autonome ainsi qu’à leur structure politique indépendante. Pourtant, c’est bien l’Amérique qui a fondé, armé et utilisé les FDS contre Daech et contre les forces qui œuvraient à l’instauration de l’Islam en Syrie. Aujourd’hui, comme elle le fait avec tout agent devenu inutile, l’Amérique cherche à en finir avec les FDS. Elle pourrait certes confier un rôle à certains de leurs commandants pour les récompenser, mais l’objectif réel est d’intégrer les FDS au système syrien dirigé par Ahmad al-Shara. Dès lors que la loyauté totale de ce dernier est acquise, il n’y a plus besoin ni d’une structure autonome des FDS, ni de diviser le pays en fédérations ou en cantons.
Le président iranien : le peuple iranien n’a pas de différend avec l’Amérique
Le président iranien, Masud Beshkekiyan, a déclaré le 8 juillet 2025, lors d’un entretien télévisé accordé au journaliste américain Tucker Carlson, proche de Trump :
« Le peuple iranien n’a pas de différend avec les États-Unis d’Amérique. Cependant, le peuple iranien et sa direction ont une véritable inquiétude : comment pourrions-nous à nouveau faire confiance à l’Amérique ? Et comment être certains qu’Israël ne nous attaquera pas une nouvelle fois au cours des négociations ? »
« Les agissements d’Israël constituent la principale raison de la complexification de l’environnement politique entourant les discussions. Le dernier raid israélien contre les installations nucléaires iraniennes, mené durant les négociations indirectes sous la médiation de la Suisse et d’Oman, a encore renforcé les soupçons au sein de la direction iranienne. Israël n’est pas seulement un État voisin ou un rival régional : il fait partie intégrante de l’équation américaine, et ses actions ne peuvent être dissociées de la politique de la Maison Blanche. »
« Il y a une crise que nous devons résoudre, et avant de revenir à la table des négociations, une seule condition doit être remplie : que ce processus ne serve pas de prétexte à une nouvelle agression. »
Les propos du président Beshkekiyan ont provoqué de vives réactions en Iran, tant de la part des députés que des journaux. Ces réactions montrent une fois de plus que l’Iran n’est jamais réellement sorti de l’orbite américaine depuis 1979, et qu’il entend poursuivre les négociations dans cette même direction. Or, il faut savoir que l’Amérique est l’État qui soutient l’entité sioniste et qui agit dans la région comme sa force de frappe. En effet, c’est l’Amérique elle-même qui a revendiqué avoir bombardé et détruit les installations nucléaires de l’Iran.
Esad Mansur
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