L’Amérique dénonce l’ingérence et la division de la région !

(Traduit)

L’Amérique dénonce l’ingérence et la division dans la région !

L’ambassadeur des États-Unis en Turquie et représentant spécial pour la Syrie, Thomas Barrack, a effectué une visite en Syrie le 24 mai 2025, où il a rencontré le président Ahmad al-Shara. Dans la déclaration qu’il a faite ensuite, il a critiqué l’ingérence de l’Occident en Syrie et dans la région, ainsi que l’Accord Sykes-Picot, qui a divisé le pays pour servir les intérêts coloniaux.

Le lendemain de sa visite, l’ambassadeur Barrack a publié sur la plateforme X : « Il y a un siècle, l’Occident imposait des cartes, des mandats, des frontières tracées et des gouvernements étrangers. Sykes-Picot a divisé la Syrie et une large portion de la région, non pas pour la paix, mais pour des gains impérialistes. Cette erreur a coûté plusieurs générations. Nous ne la répéterons pas. » Il a également déclaré : « L’époque des interventions occidentales est révolue ; l’avenir appartient aux solutions régionales, à la diplomatie fondée sur le partenariat et le respect mutuel. » En référence au discours prononcé par le président américain Donald Trump le 13 mai à Riyad, capitale saoudienne, Barrack a rappelé les propos suivants : « L’époque où les Occidentaux interventionnistes survolaient le Moyen-Orient pour expliquer comment vivre et gouverner est révolue. » Et d’ajouter : « Le drame syrien est le fruit de la division ; la renaissance du pays ne pourra se faire que par la dignité, l’unité et l’investissement dans le peuple syrien. Ce processus doit commencer par la vérité, la responsabilité et la coopération avec les pays de la région. »

Cet ambassadeur américain continue de mentir et de déformer la réalité pour tromper les peuples de Syrie et de la région. Il tente de présenter l’Amérique dans un nouvel habit propre, afin de dissimuler son visage souillé, tout en poursuivant ses ingérences, ses agressions et son soutien à l’agression. Il prétend vouloir aider les peuples de la région. Nous voulons l’interroger et lui rappeler la duplicité américaine qu’il connaît pertinemment :

L’Amérique n’a-t-elle pas approuvé le plan Sykes-Picot lors de la Conférence de Lausanne en 1923-1924 ? N’a-t-elle pas, en outre, exigé l’établissement de deux États distincts – l’un kurde, l’autre arménien – dans la région ?

Lorsque l’Amérique est devenue une puissance influente après la Seconde Guerre mondiale, jusqu’à s’imposer comme la première puissance mondiale, n’a-t-elle pas conclu un accord avec l’ancienne puissance coloniale britannique pour diviser la Palestine ? N’a-t-elle pas établi l’entité sioniste en 1948 par une résolution injuste du Conseil de sécurité, et depuis, ne la soutient-elle pas dans toutes ses guerres d’agression, en l’équipant des armes les plus meurtrières ?

Ne continue-t-elle pas à s’ingérer dans la région, en proposant des projets coloniaux, dont la fameuse « solution à deux États » présentée par le président Eisenhower en 1959 ? Qui a annoncé vouloir s’emparer de Gaza, en expulser sa population et y implanter des stations balnéaires ? Qui a exercé des pressions sur l’Égypte, la Jordanie et d’autres pays pour qu’ils accueillent les déplacés de Gaza ? N’est-ce pas le président Trump, actuel dirigeant de l’Amérique, qui continue de soutenir le plan d’expulsion et l’entité sioniste dans son génocide contre le peuple de Gaza ?

N’est-ce pas encore l’Amérique qui, en 1971, s’est entendue avec la Grande-Bretagne pour diviser le Pakistan et établir l’État du Bangladesh ?

N’est-ce pas l’Amérique qui a soulevé la question du Timor oriental, soutenu l’expulsion des musulmans, exercé des pressions sur l’Indonésie pour qu’elle accepte la tenue d’un référendum d’autodétermination en 1999, puis préparé, avec son soutien, la séparation officielle de cette région en 2002 ?

N’est-ce pas l’Amérique qui est intervenue en Somalie en 1992, y a introduit l’Éthiopie et l’Ouganda en 2006, puis a poursuivi jusqu’à aujourd’hui son ingérence directe par des attaques répétées, et y a installé des bases militaires à Djibouti pour pouvoir y intervenir ?

N’est-ce pas encore elle qui a divisé le Soudan et établi l’État du Soudan du Sud en 2011, en intervenant de bout en bout, en imposant toutes sortes de pressions et de sanctions, jusqu’à ce que son agent Omar al-Bachir cède et commette une grande trahison en acceptant le plan de partition imposé par l’Amérique coloniale ? Et n’est-ce pas encore elle qui, aujourd’hui, poursuit son ingérence en établissant la plateforme de Djeddah, et en tentant, par l’intermédiaire de ses agents Burhan et Hemedti, de séparer le Darfour du Soudan ?

N’est-ce pas l’Amérique qui a envahi l’Irak en 2003, l’a détruit, a tué, blessé, déplacé et torturé des millions de personnes, y a instauré une constitution confessionnelle, puis a signé en 2008 un accord de sécurité pour poursuivre son intervention militaire — accord que Trump n’a jamais abrogé ? N’a-t-elle pas adopté un projet de division de l’Irak en trois régions fédérales, et établi, en accord avec l’Angleterre, la région du Kurdistan ?

N’est-ce pas encore l’Amérique qui a envahi l’Afghanistan en 2001, l’a occupé pendant vingt ans, a détruit le pays, tué, blessé, déplacé et torturé des millions de ses habitants ? N’est-ce pas elle qui a dirigé la croisade de l’OTAN — avec la participation des anciennes puissances coloniales européennes ?

N’est-ce pas encore l’Amérique qui est intervenue en Égypte, a fait signer les accords de Camp David en 1979 pour retirer l’Égypte de la confrontation avec l’entité sioniste, isoler le peuple palestinien et permettre à cette entité de lui faire subir les pires atrocités ? N’est-ce pas encore elle qui, en 2013, a soutenu le coup d’État du général Sissi — comme l’a reconnu John Kerry — en présentant cela non comme un putsch, mais comme une action de l’armée pour « préserver la démocratie » ? Et Trump n’a-t-il pas déclaré que Sissi était « son dictateur préféré » ?

N’est-ce pas encore l’Amérique qui, en 2011, aux côtés des anciennes puissances coloniales que sont la Grande-Bretagne et la France, est intervenue militairement en Libye et continue, jusqu’à ce jour, d’y maintenir son ingérence ?

N’est-ce pas l’Amérique qui, en 2015, est intervenue directement en Syrie, y a déployé ses troupes, mené d’innombrables frappes sous prétexte de « lutte contre le terrorisme », et rasé Rakka, Ramadi et Mossoul ? N’a-t-elle pas permis l’intervention de l’Iran, de ses agents et de la Russie ? N’a-t-elle pas chargé Erdoğan d’une mission infâme : empêcher la libération de la Syrie, en envoyant sur place Ahmad al-Shara et ses partisans formés par les services secrets turcs ? Et ose-t-elle prétendre ne pas être impliquée ?

Pourquoi l’Amérique établit-elle des bases militaires dans de nombreux pays de la région, à partir desquelles elle frappe ici et là à sa guise ? Pourquoi y déploie-t-elle sa flotte pour circuler librement dans la région ?

Voilà pour ce qui se passe dans notre région ! Quant aux autres régions, le président américain Trump a déclaré qu’il annexerait le Groenland aux États-Unis par tous les moyens, a exigé l’intégration du Canada, a annoncé qu’il prendrait le contrôle du canal de Panama et a proclamé que le golfe du Mexique était désormais un golfe américain.

Croire aux anciennes puissances coloniales que sont l’Angleterre et la France, ou à la nouvelle puissance coloniale qu’est l’Amérique, est une absurdité, car il n’y a aucune différence entre elles. Les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont adopté le capitalisme comme instrument de colonisation, d’exploitation des peuples, de pillage des richesses, d’expansion de leur influence et d’entrave à toute libération.

Hier, l’Angleterre et la France trompaient les peuples – et elles le font encore aujourd’hui. Quant à l’Amérique, depuis son entrée sur la scène mondiale en 1946, elle intervient dans toutes les affaires, grandes ou petites, des autres pays.

Nos terres ne connaîtront le salut qu’à une seule condition : que leurs peuples, guidés par des dirigeants sincères et conscients, renversent tous les régimes fondés sur les constitutions et lois capitalistes que l’Occident colonial a imposées il y a un siècle, qu’ils mettent fin à l’influence de ses agents, qu’ils coupent tous liens avec lui, qu’ils abolissent les frontières qu’il a tracées, et qu’ils proclament l’établissement d’un Califat bien guidé selon la méthode prophétique, qui applique l’idéologie de l’Islam fondée sur une constitution issue du Coran et de la Sunna, sous la direction d’un Calife légitime.

Esad Mansur

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