Le vrai visage de l’accord de défense commune entre l’Arabie saoudite et le Pakistan

(Traduit)

Le vrai visage de l’accord de défense commune entre l’Arabie saoudite et le Pakistan

Le 17/09/2025, un accord stratégique de défense commune a été annoncé entre l’Arabie saoudite et le Pakistan. Dans la déclaration conjointe signée par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, il est indiqué : 

« La signature d’un accord stratégique de défense commune entre les deux parties s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la sécurité des deux pays et à assurer la sécurité et la paix dans la région et dans le monde. L’accord a pour objectif de développer divers aspects de la coopération en matière de défense et de renforcer la dissuasion mutuelle face à toute attaque ; de plus, toute agression contre l’un des deux pays sera considérée comme une agression contre les deux. »

Beaucoup se sont demandé ce que signifiait réellement cet accord ; certains musulmans ont cru qu’il constituait une alliance contre l’entité sioniste, tandis que d’autres ont écrit que la combinaison de l’argent saoudien et de la puissance nucléaire pakistanaise pourrait offrir aux musulmans une force de dissuasion. Mais il apparaît clairement que cela est faux, pour les raisons suivantes :

1 – Le régime saoudien est soumis à la dépendance des États-Unis. Les preuves en abondent ; la plus récente est sa supplication auprès de Washington et des autres pays de la région afin qu’ils fassent cesser la guerre de Gaza. Ce régime a obéit servilement aux ordres américains : il n’a pas défendu le peuple de Gaza, il a regardé en spectateur pendant que l’ennemi les massacrait sans pitié, les affamait, détruisait leurs maisons, leurs écoles et leurs hôpitaux, et les expulsait de leurs terres. En se pliant à ces ordres, ce régime s’est abstenu de toute intervention. Enfin, le chef de ce régime a déclaré qu’il accueillait avec satisfaction le plan de Trump visant à mettre fin à la guerre de Gaza ; un plan qui répond aux exigences de l’entité sioniste, notamment le désarmement des musulmans moudjahidines, la remise du contrôle sécuritaire de Gaza aux Juifs, la dissimulation de leurs crimes et leur effacement de la mémoire collective. De plus, ce régime a proclamé, lors de la visite de Trump à Riyad en mai dernier, son soutien à l’Amérique en lui accordant une aide financière de plus de 600 milliards de dollars. Ce soutien colossal alimente l’économie américaine et ses projets militaires, le développement d’armes et de missiles, dont une partie sert directement à l’entité sioniste pour financer les armes utilisées afin de massacrer les musulmans de Gaza.

2 – De la même manière, le régime pakistanais est, lui aussi, soumis à la dépendance des États-Unis. Avec l’Arabie saoudite et d’autres, il a supplié Trump d’intervenir pour arrêter la guerre de Gaza et, en obéissant à ses ordres, il n’a pas défendu le peuple de Gaza. Comme le régime saoudien, il a accueilli avec satisfaction le dernier plan de Trump pour mettre fin à la guerre de Gaza.

En mai dernier, lorsque Trump lui a ordonné de mettre fin à ses affrontements avec l’Inde, il s’est plié à ses ordres ; pourtant, cela aurait été une occasion de briser l’Inde et de libérer ensuite le Cachemire. Le Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, a publiquement proclamé son obéissance aux ordres de Trump. Quant au véritable dirigeant du Pakistan, le chef d’état-major Asim Munir, il a affiché sa loyauté envers les États-Unis lors de sa visite en Amérique en décembre 2023 et encore lors de sa dernière visite en août dernier. Pour confirmer cette loyauté, il a même annoncé avoir proposé Trump au prix Nobel de la paix.

Pourtant, Trump mène une guerre contre la Oumma islamique, il soutient l’entité sioniste dans son massacre collectif, son expulsion et sa destruction des musulmans de Gaza, et il cherche à transformer Gaza en une station balnéaire.

3 – Les régimes saoudien et pakistanais ont, par le passé, soutenu l’invasion américaine de l’Afghanistan. Ils continuent encore aujourd’hui de soutenir les plans américains afin que l’Afghanistan se soumette à Washington. Le Pakistan, aussi bien durant l’occupation soviétique que durant l’occupation américaine, a expulsé les réfugiés afghans qui s’étaient abrités sur son sol, a provoqué des tensions avec l’Afghanistan et est même allé jusqu’à engager des affrontements frontaliers. De plus, il a transformé son territoire en base de lancement des opérations américaines contre l’Afghanistan.

4 – Par conséquent, il est inconcevable que les dirigeants des régimes saoudien et pakistanais agissent en dehors de ce cadre. Autrement dit, il leur est impossible de sortir de la dépendance vis-à-vis des États-Unis ou d’annoncer l’accord de défense commune sans le signal ou l’aval de Washington.

5 – En conséquence, et à la lumière des circonstances actuelles, la véritable portée de cet accord peut être comprise à travers les points suivants :

a) Il s’agit d’une tromperie destinée à faire croire aux gens simples qu’ils se préparent à soutenir le peuple de Gaza ou à s’opposer à « l’entité sioniste » (certains affirment que le projet du Grand Israël engloberait même une partie du territoire saoudien). De plus, cette entité, après avoir frappé le Qatar malgré les grands services que celui-ci lui avait rendus, a menacé l’ensemble des pays de la région. Or, le Qatar avait mis son territoire à disposition pour les négociations visant à la libération des otages et pour contraindre le Hamas à céder aux exigences sionistes.

b) L’Amérique cherche à détourner l’attention du Pakistan de la question de l’Inde et du Cachemire pour l’orienter vers les affaires du Moyen-Orient. Ce faisant, elle donne les coudées franches à l’Inde pour qu’elle se dresse face à la Chine, qu’elle établisse un contrôle total sur le Cachemire, qu’elle y implante une population hindoue et qu’elle consolide ses projets de domination sur les fleuves reliant les deux pays.

c) Par l’intermédiaire de Trump, l’Amérique a remis sur la table l’idée d’un « nouveau Moyen-Orient » ; une version actualisée du projet du « grand Moyen-Orient » avancé sous George W. Bush, et conçu pour englober l’ensemble des pays musulmans. Des pays comme le Pakistan sont intégrés à ce projet et à ce plan régional. L’un des principaux objectifs est d’établir officiellement des relations avec l’entité sioniste et de procéder à une normalisation dans le cadre des accords d’Abraham. Après que l’Arabie saoudite a annoncé son acceptation de ces accords traîtres, le Pakistan suivra et se joindra à elle.

d) Pour l’Amérique, l’un des objectifs essentiels est de placer l’entité sioniste au centre comme pilier régional ; car elle constitue sa base stable et le bras qu’elle utilise pour agir sans entrer directement dans les guerres. Ainsi, les États-Unis renforcent leur influence, empêchent la Oumma de se libérer et de s’élever, et font obstacle à l’établissement du Califat bien guidé selon la méthode prophétique. L’Amérique veut que l’ensemble des pays musulmans assimilent cette entité étrangère au corps de la Oumma, qu’ils la considèrent comme un projet à part entière et qu’ils oublient l’usurpation par les Juifs d’une terre sacrée de l’Islam (la première qibla et le troisième lieu saint). En échange, ce qui est promis n’est qu’une mascarade : un « État palestinien » démilitarisé, qui ne serait pas un véritable État mais une autonomie factice sur une partie de la Palestine de la Oumma. Or, l’entité sioniste rejette elle-même ce scénario et, dans les faits, le considère comme hors de portée. Par conséquent, la promesse de création d’un État palestinien n’est rien d’autre qu’un stratagème pour duper le peuple et éluder les responsabilités.

e) Puisque l’accord stipule que toute attaque contre l’un des deux pays sera considérée comme une attaque contre les deux, si l’entité sioniste frappait l’Arabie saoudite pour une quelconque raison, le Pakistan serait contraint de la défendre et de riposter en visant l’entité sioniste. Alors, cette dernière chercherait à cibler les réacteurs nucléaires du Pakistan et à anéantir sa puissance nucléaire. Cette entité arrogante, appuyée par les États-Unis, avait déjà menacé les pays de la région en déclarant qu’elle frapperait partout où elle percevrait une menace. Elle était même allée jusqu’à menacer de frapper la puissance nucléaire du Pakistan.

Au vu de tout cela, on ne saurait attendre aucun bien de ces régimes ni de leurs accords ; il faut en être pleinement conscients. Il faut œuvrer à renverser ces régimes, car ils s’inclinent devant les ennemis de la Oumma, leur servent de relais, cherchent à les satisfaire, les soutiennent et restent silencieux face aux crimes commis contre la Oumma — le dernier exemple en date étant l’agression contre Gaza. 

L’effort et l’engagement doivent être dirigés vers la réunification des pays musulmans sous un seul État régi par la loi d’Allah ; ainsi, à l’instar de l’époque du Califat (durant environ 13 siècles), il redeviendra une grande puissance mondiale : il fera face aux États-Unis, les chassera de la région, libérera la Palestine et le Cachemire de l’emprise juive et hindoue, purgera les terres islamiques occupées et aidera les musulmans partout. 

La solution ne doit pas être confiée à des États morcelés, qui maintiennent les peuples dans l’illusion au moyen d’accords de défense ou de pactes économiques bilatéraux de pacotille.

Esad Mansur

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