Un regard sur l’actualité 

(Traduit)

Un regard sur l’actualité – 02 Janvier 2026

Les forces conjointes dirigées par l’Arabie saoudite ont frappé deux navires appartenant aux Émirats arabes unis

Le général de division saoudien Turki al-Maliki, porte-parole de la « coalition de soutien à la légitimité » dirigée par l’Arabie saoudite, a déclaré le 30/12/2025 :

« Le samedi et le dimanche derniers (27–28/12/2025), deux navires partis du port de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis, et à destination du port de Mukalla, dans le Hadramout, ont été détectés. Ces navires sont entrés au port sans autorisation officielle du commandement des forces conjointes de la coalition. Leur équipage a désactivé les systèmes de suivi, puis a déchargé d’importantes quantités d’armes et de véhicules blindés afin de soutenir les forces du Conseil de transition du Sud dans les provinces orientales du Yémen (Hadramout et al-Mahra). Cela constitue une violation manifeste des efforts visant à apaiser les tensions et à parvenir à une solution pacifique, et viole également la résolution 2216 du Conseil de sécurité des Nations unies. »

(Agence de presse saoudienne – plateforme X)

Comme on le sait, le Conseil de transition du Sud a pris le contrôle, les 3 et 4/12/2025, des provinces orientales du Yémen — le Hadramout et al-Mahra — et a infligé de lourds revers à la coalition tribale inféodée à l’Arabie saoudite ainsi qu’aux forces dites du « Bouclier de la patrie ».

Le Conseil de transition du Sud a annoncé avoir rattaché ces provinces au Yémen du Sud et a déclaré œuvrer, comme par le passé, à la proclamation d’un État du Yémen du Sud incluant également ces provinces orientales. En effet, en 1967, l’Angleterre avait séparé ces régions et, par l’intermédiaire de ses agents au Yémen du Sud — avec le soutien du roi Fayçal d’Arabie saoudite (inféodé à l’Angleterre) — y avait proclamé un État. Cette démarche est intervenue après la perte du Yémen du Nord, consécutive au coup d’État d’Abdallah al-Sallal, réalisé au profit de l’Amérique, et au rôle joué par le dirigeant égyptien Abdel Nasser.

En 1978, l’Angleterre est parvenue à changer le régime au Yémen du Nord par l’intermédiaire de son agent Ali Abdallah Saleh ; puis, en 1990, elle a unifié le Yémen sous sa direction, gouvernant ainsi le pays depuis un centre unique. Ali Abdallah Saleh a été renversé en 2011, puis tué par les Houthis en 2017.

Après avoir perdu son influence au Yémen du Nord à la suite de la prise de contrôle de cette région par les Houthis en 2014 — avec le rôle joué par Jamal Benomar, représentant de l’Organisation des Nations unies (pro-américain) — l’Angleterre s’est tournée vers une nouvelle tentative de séparation du Yémen du Sud. Elle mène cette entreprise par l’intermédiaire de ses agents locaux au Yémen du Sud, sous l’appellation de « Conseil de transition du Sud », en s’appuyant sur le soutien des Émirats arabes unis.

L’Arabie saoudite menace les Émirats arabes unis et exige leur retrait du Yémen

Dans un communiqué publié le 30/12/2025, l’Arabie saoudite a exprimé son mécontentement face au rôle joué par les Émirats arabes unis au Yémen, les accusant de soutenir les forces du Conseil de transition du Sud et de les pousser à mener des opérations militaires dans les provinces du Hadramout et d’al-Mahra, en direction des frontières saoudiennes.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré : 

« Les mesures prises par les Émirats arabes unis sont extrêmement dangereuses. Elles ne sont pas compatibles avec les fondements sur lesquels repose la coalition de soutien à la légitimité au Yémen, et ne soutiennent pas les efforts visant à garantir la sécurité et la stabilité du Yémen. »

Le communiqué a également mis en lumière le rôle des Émirats arabes unis dans le soutien apporté au Conseil de transition du Sud, à travers des navires chargés d’armes et de matériel, partis du port de Fujaïrah et arrivés au port de Mukalla, dans le Hadramout.

Le communiqué a menacé les Émirats arabes unis et leurs alliés au Yémen du Sud en ces termes : 

« Dans ce contexte, l’Arabie saoudite souligne que toute intervention ou menace visant sa sécurité nationale constitue une ligne rouge, et qu’elle n’hésitera jamais à prendre toutes les mesures nécessaires ni à adopter l’ensemble des dispositions requises pour y faire face. »

Le ministère a souligné que les Émirats arabes unis devaient retirer leurs forces militaires du Yémen dans un délai de 24 heures et mettre un terme à tout soutien militaire ou financier à toute partie à l’intérieur du Yémen. 

(Asharq al-Awsat – Arabie saoudite, 30/12/2025)

Comme il est connu, la structure appelée « coalition de soutien à la légitimité » au Yémen est dirigée par l’Arabie saoudite et soutenue par l’Amérique. Les Émirats arabes unis s’y sont infiltrés afin d’y assumer un rôle pour le compte de leur maître, l’Angleterre. De fait, les Émirats ont effectivement joué ce rôle : ils ont chassé les Houthis du Yémen du Sud et étaient sur le point de les évincer également du Yémen du Nord. Cependant, l’accord imposé par l’Amérique en 2018, signé à Stockholm, en Suède, a mis un terme à l’avancée vers le Nord des Émirats arabes unis et des forces du Sud. Ceux-ci étaient parvenus jusqu’à la ville et au port de Hodeïda — par lesquels transitaient l’aide et toutes les formes de soutien aux Houthis —, mais l’accord a stoppé cette progression, tout comme il a empêché la libération de Sanaa des Houthis. Par la suite, l’Arabie saoudite s’est rapprochée des Houthis et a tenté de les intégrer à l’ensemble de la gouvernance du Yémen, ce à quoi les Émirats arabes unis se sont opposés.

Il apparaît que l’Arabie saoudite, sous prétexte de protéger ses frontières, cherche à régler définitivement la question avec les Émirats arabes unis et les forces yéménites du Sud qu’ils soutiennent — en particulier dans le Hadramout et al-Mahra. L’Arabie saoudite vise à expulser ces forces affiliées au Conseil de transition du Sud des deux régions qu’elles contrôlent, et à empêcher toute revendication d’indépendance du Yémen du Sud incluant ces territoires.

Ainsi, le conflit d’intérêts internationaux au Yémen apparaît clairement : 

d’un côté, l’Amérique, avec son agent régional l’Arabie saoudite et son agent local les Houthis ; de l’autre, l’Angleterre, avec son agent régional les Émirats arabes unis et son agent local le Conseil de transition du Sud.

Hizb ut-Tahrir a clarifié ce conflit depuis des décennies et, à travers de nombreuses publications et déclarations, à démasquer ces agents ; en tant que parti politique lucide, fidèle à sa religion et à sa Oumma, il a appelé à leur renversement et à la purification du pays de leur emprise.

La réalité est que l’un des plus grands fléaux auxquels est confrontée la Oumma islamique réside dans ces agents qui ont vendu leur conscience, au caractère vil, hypocrites, inféodés aux mécréants et à leur service. C’est pourquoi l’ensemble des terres islamiques, Yémen compris, sont devenues le théâtre d’une guerre occulte entre les puissances de mécréance, une guerre dont le combustible n’est autre que les enfants de cette Oumma.

Les vestiges de l’ancien régime attaquent le nouveau régime, indulgent à leur égard mais sévère envers les croyants

L’Agence arabe syrienne d’information (SANA) a rapporté, le 30/12/2025, la déclaration suivante du commandement de la sécurité intérieure de la province de Lattaquié : 

« Un couvre-feu a été décrété dans la ville à partir d’aujourd’hui à 17 h et jusqu’à demain, mercredi, à 6 h du matin. »

Cette décision a été prise en raison de la mobilisation des vestiges en fuite du régime de Bachar el-Assad. La direction de la santé de Lattaquié a annoncé, le 29/12/2025, que lors des manifestations dans la ville, une attaque visant les forces de sécurité avait fait 4 morts et 108 blessés.

Le commandant de la sécurité intérieure de Lattaquié, le général de brigade Abdelaziz al-Ahmed, a déclaré le 28/12/2025 : 

« Lors des manifestations organisées à Lattaquié et à Jableh, à l’appel d’un individu nommé Gazzal Gazzal, certains éléments terroristes affiliés aux vestiges du régime déchu ont mené une attaque contre les forces de sécurité intérieure ; plusieurs membres du personnel de sécurité ont été blessés, et des véhicules de police ainsi que des unités spéciales ont été endommagés. »

Ces vestiges ont pris de l’assurance au point de défier le nouveau régime, car celui-ci leur a fait preuve d’indulgence et a, pour ainsi dire, dit à ces criminels : « Allez, vous êtes tous libres. » Or, ce sont des criminels qui ont tué, blessé, torturé et déplacé des millions de personnes. On ne tient pas de tels propos à des individus de cette nature, et on ne les libère pas ; à défaut, lorsqu’ils en trouvent l’occasion, ils recommencent les mêmes crimes.

De la même manière, le nouveau régime s’est montré indulgent envers des éléments druzes travaillant pour les Juifs, qui, par leur rébellion, sont devenus semi-indépendants. Il s’est également montré indulgent envers les forces séparatistes kurdes inféodées à l’Amérique, connues sous le nom de « FDS/PKK ». Il a aussi adopté une attitude conciliante envers l’entité sioniste, qui occupe le sud de la Syrie et poursuit quotidiennement ses attaques dans la région, allant jusqu’à incliner vers une normalisation avec elle. En revanche, il ne s’est pas montré indulgent envers les jeunes du Hizb ut-Tahrir, porteurs de l’appel islamique sur les plans intellectuel et politique, l’un des acteurs les plus importants du changement en Syrie, ayant joué un rôle majeur dans la réorientation de l’opinion publique, passée d’une ligne nationaliste-socialiste à une ligne islamique. À leur encontre, il a prononcé — à l’instar du régime d’Assad — des peines de prison pouvant aller jusqu’à dix ans.

Le nouveau régime syrien, sous la direction d’Ahmad al-Shara, s’est comme vendu au diable et est devenu un agent manifeste de l’Amérique. Il n’éprouve ni pudeur envers Allah ni respect envers les croyants, et exerce une oppression contre les musulmans sincères. En s’appuyant sur le soutien de l’Amérique et sur son intermédiaire Erdoğan, il déverse sa rancœur contre les jeunes de Hizb ut-Tahrir, qui lui prodiguent des conseils sincères. Ces jeunes l’ont averti à de nombreuses reprises, mais il n’en a tiré aucune leçon ; il s’est finalement démasqué par son attitude révélant ses liens avec Erdoğan en Turquie. Erdoğan, pour le compte de l’Amérique, a joué un rôle majeur visant à empêcher l’établissement des prescriptions de l’Islam et du Califat bien guidé selon la méthode prophétique en Syrie.

Esad Mansur

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