Un regard sur l’actualité – 06 Février 2026

Erdoğan et Mohammed ben Salmane réaffirment leur loyauté envers Trump

Le président turc Erdoğan a effectué, le 3/2/2026, une visite officielle en Arabie saoudite et a rencontré, dans la capitale Riyad, le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Les deux parties ont publié un communiqué commun couvrant de nombreux dossiers, incluant la loyauté envers l’Amérique. Parmi ces dossiers figurait également la question palestinienne. Elles ont souligné « la nécessité pour la communauté internationale d’exercer des pressions sur les autorités d’occupation israéliennes afin d’assurer la protection des civils, d’éviter le ciblage des infrastructures vitales et de respecter le droit international ». Elles ont aussi affirmé qu’il fallait obtenir un cessez-le-feu, mettre fin à l’occupation de Gaza et garantir l’établissement d’un État palestinien indépendant dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, dans le cadre du droit international et de l’Initiative de paix arabe de 2002. Elles ont en outre déclaré se réjouir de la participation de leurs pays au Conseil de la paix, en soutien aux efforts de paix menés par le président américain Trump (Agence Anadolu).

Dans ce communiqué, les deux dirigeants affichent clairement leur loyauté envers l’Amérique dirigée par Trump — ainsi que leur trahison. Trump s’est vanté d’avoir fourni à l’entité sioniste des armes létales pour tuer des enfants, des femmes et des hommes à Gaza, et pour ravager la région. Il a même déclaré qu’il ne savait pas quelles étaient exactement les armes réclamées par le criminel de guerre Netanyahu, mais qu’il les lui avait malgré tout livrées. Malgré cela, l’entité sioniste poursuit ses attaques avec le feu vert de Trump et continue de massacrer des enfants et des femmes vivant sous des tentes.

En appelant à un État palestinien dans les frontières de l’occupation de 1967, les deux parties ont une nouvelle fois confirmé leur trahison ; reconnaissant ainsi, de facto, qu’en 1948 l’entité sioniste a usurpé environ 80 % de la Palestine. Elles ont également clairement montré qu’elles se soumettaient aux lois coloniales du système de mécréance (koufr) que l’on appelle « droit international ».

En effet, le Premier ministre canadien Mark Carney a reconnu, le 21/1/2026, que « le droit international est un grand mensonge » et qu’il est appliqué avec une sévérité variable selon l’identité de l’accusé ou de la victime. Ces propos montrent que ce “droit international” est appliqué avec dureté contre les terres d’Islam, mais qu’il n’est pas appliqué contre l’entité sioniste. Bien au contraire, l’entité sioniste le piétine avec le soutien de l’Amérique et de son président Trump, sans s’y conformer d’aucune manière.

Début des négociations entre l’Iran et l’Amérique pour un accord sur le programme nucléaire (-5+1)

Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré, le 3/2/2026, sur la plateforme X : « En tenant compte des demandes des pays amis de la région visant à répondre à la proposition du président américain concernant la tenue de négociations, j’ai donné instruction au ministre des Affaires étrangères de préparer les conditions nécessaires à des négociations justes et équitables, à condition qu’un cadre approprié, exempt de menaces, soit garanti. Il convient également de s’abstenir de toute attente illégitime et irrationnelle. »

De son côté, Trump a déclaré à des journalistes à la Maison-Blanche : « L’Amérique est en train de négocier avec l’Iran. »

Le site américain Axios a annoncé, le 2/2/2026, que l’envoyé spécial de Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, rencontrerait à Istanbul, vendredi (5/2/2026), le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghtchi, afin d’évoquer la possibilité de parvenir à un accord nucléaire. Cependant, le site a rapporté, le 4/2/2026, en citant une source arabe, que « l’Amérique avait accepté la demande de l’Iran de transférer les négociations d’Istanbul vers Oman ».

Ali Shamkhani, conseiller du guide religieux iranien, a déclaré, dans une intervention diffusée à la télévision iranienne le 3/2/2026 : « La quantité du stock d’uranium enrichi demeure inconnue, car ce stock est resté sous les décombres ; et comme cela est dangereux, aucune tentative n’a été menée jusqu’à présent pour l’en extraire. » Il ressort de ces propos que l’Iran est prêt à renoncer à son stock d’uranium, mais qu’il se trouve sous les décombres, et qu’il demande à l’Amérique de l’en retirer.

L’Amérique a écarté des négociations menées avec l’Iran, tout comme elle a écarté le trio européen (Angleterre, France et Allemagne) — parties à l’accord nucléaire signé en 2015 —, mais aussi les deux autres parties : la Russie et la Chine. Lorsque l’Amérique s’est retirée de cet accord en 2018, elle avait planifié ce processus afin de pouvoir conclure, seule, un nouvel accord avec l’Iran. Alors que l’accord était désigné par (5+1), en référence au nombre de pays signataires, la situation a été transformée en (-5+1).

C’est pourquoi l’Amérique a instauré un climat de guerre avec l’Iran et l’a menacé de le frapper si un accord n’était pas signé. Elle a ainsi voulu s’arroger, à elle seule, le pouvoir de conclure un tel accord ; et, par un vaste théâtre international, mettre ces cinq États hors jeu et les empêcher de continuer à en tirer profit. En même temps, cette situation est devenue, pour les dirigeants iraniens, un prétexte pour présenter des concessions à l’Amérique. Or, le régime iranien rend depuis longtemps des services à l’Amérique afin d’obtenir une partie de ses intérêts en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Yémen et au Liban.

« L’Alliance militaire islamique de lutte contre le terrorisme » confirme sa guerre contre l’Islam.

Le média saoudien Asharq al-Awsat a rapporté que « l’Alliance militaire islamique de lutte contre le terrorisme » avait lancé, le 2/2/2026, à Islamabad, capitale du Pakistan, un programme intitulé « initiative de réhabilitation et de réinsertion dans la société des personnes ayant des idées extrémistes et des comportements terroristes (Idmac) ». Le programme s’est tenu avec la participation du ministre pakistanais de la Défense Khawaja Muhammad Asif et du secrétaire général de l’alliance, le pilote-général de division Muhammad al-Mufaydi, ainsi que de nombreux responsables militaires, intellectuels et diplomatiques.

Le secrétaire général de l’alliance, Muhammad al-Mufaydi, a déclaré que l’objectif de l’initiative était « d’accroître les capacités dans le processus de réinsertion dans une vie normale des personnes impliquées dans des crimes terroristes ; et de les arracher, sur les plans intellectuel, psychologique et social, au marécage et aux illusions des groupes extrémistes et terroristes ». Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Muhammad Asif, a pour sa part indiqué que le fait que le Pakistan accueille l’initiative « Idmac » reflétait sa détermination à renforcer la coopération internationale et le partage d’expériences dans les domaines de la réhabilitation intellectuelle et de la réintégration. Asif a précisé qu’une approche globale conjugue les dimensions sécuritaire, intellectuelle et sociale, et que ce processus passe par des étapes telles que « rompre avec la violence, corriger les concepts intellectuels et développer les compétences ».

Il est connu que la prétendue « Alliance militaire islamique de lutte contre le terrorisme » a été créée le 15/12/2015 sous la direction du régime saoudien, et qu’elle regroupe 41 régimes en place dans les terres d’Islam, parmi lesquels l’Égypte, la Turquie, les Émirats arabes unis et le Qatar. L’objectif de cette alliance est de combattre les idées islamiques qui prônent la chute des régimes inféodés à l’Occident, réclament la souveraineté de l’Islam et l’établissement du Califat, et appellent au jihad pour libérer la Palestine et la purifier de l’impureté juive.

Cette alliance proclame « adopter la modération et la voie du juste milieu, et accueillir favorablement la diversité et la différence ». Cela signifie : accepter les régimes actuels qui n’appliquent pas l’Islam, s’intégrer à ces régimes, mettre en œuvre leurs agendas, empêcher le retour de l’Islam au pouvoir ; et, sous l’étiquette de « diversité et différence », faire accepter l’entité sioniste dans la région et légitimer l’influence coloniale occidentale.

Esad Mansur 

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