Pourquoi l’établissement du Califat est-il important pour propager l’Islam et sauver les gens du châtiment ?

(Traduit)

Question :

Certains savants et prédicateurs (du‘ât) affirment que les personnes qui ont vécu sans l’Islam, car l’appel à celui-ci ne leur est pas parvenu, ne seront pas envoyées en Enfer mais au Paradis. Ils s’appuient sur le verset suivant :

« Nous ne châtions jamais (un peuple) avant d’avoir envoyé un messager. » (S17,V15)

Bien entendu, cette réponse peut sembler confuse et être perçue comme un jugement injuste par certains musulmans. Certains estiment,également, que ces personnes entreront bien au Paradis, mais à un rang inférieur.

Cela soulève alors la question suivante : si les musulmans, après avoir traversé de nombreuses épreuves, douleurs et souffrances, parviennent au Paradis après avoir échappé à l’Enfer, tandis que ceux qui n’ont jamais eu connaissance de l’Islam y accèdent sans difficulté et sans aucun effort en vue de l’au-delà, cela ne donnerait-il pas l’impression qu’il est plus avantageux de naître dans une société non musulmane et de vivre sans jamais connaître l’Islam ?

Quelle est votre opinion à ce sujet ?

Réponse :

Allah a dit :

 رُسُلًا مُبَشِّرِينَ وَمُنذِرِينَ لِئَلَّا يَكُونَ لِلنَّاسِ عَلَى اللَّهِ حُجَّةٌ بَعْدَ الرُّسُلِ وَكَانَ اللَّهُ عَزِيزًا حَكِيمً

« Des messagers annonciateurs et avertisseurs furent envoyés, afin que, après leur venue, les gens n’aient plus d’argument à opposer à Allah. Et Allah est certes Tout-Puissant, Sage. » (S4,V165)

La mission essentielle des prophètes et des messagers est de transmettre le message divin de manière claire et explicite, d’annoncer le Paradis aux croyants et de mettre en garde les gens contre le châtiment d’Allah. Ainsi, au Jour du Jugement, personne ne pourra justifier son incrédulité en disant : « Aucun avertisseur ne nous est venu, nous ne pouvons donc être tenus pour responsables. »

Par conséquent, les gens de la période de la rupture (Ahl al-Fatrah), c’est-à-dire ceux qui ont vécu entre la venue de deux messagers, ne sont pas tenus responsables et ne seront pas châtiés. De même, à notre époque, si une personne n’a jamais eu connaissance de l’Islam, de son messager et de son livre sous quelque forme que ce soit, alors elle n’est pas responsable devant Allah. Comme Allah l’affirme dans la sourate Al-Isrâ’ (15) :

وَمَا كُنَّا مُعَذِّبِينَ حَتَّىٰ نَبْعَثَ رَسُولًا

« Nous ne châtions jamais (un peuple) avant d’avoir envoyé un messager. »

Cependant, ce verset n’indique pas que ces personnes entreront au Paradis. En effet, les questions liées au monde invisible (ghayb) doivent être établies par une preuve catégorique (nass qat‘î). Il n’est donc pas correct de se prononcer sur ce sujet en l’absence d’une preuve explicite. Le verset indique uniquement qu’Allah ne leur inflige pas de châtiment. Mais étant donné que cette question relève du crédo (‘aqîda), il n’est pas approprié d’utiliser la simple logique pour y répondre.

Le message ici est clair : Allah n’est jamais injuste et ne lèse personne. Concernant les questions liées à l’invisible (ghayb), le crédo (‘aqîda) ne peut être fondé que sur une preuve certaine. Elle ne peut être établie à partir de preuves conjecturales ou d’interprétations personnelles. Dans de tels cas, la seule position valide est soit d’attester ce qui est prouvé, soit d’adopter l’opinion la plus probable.

Il existe plusieurs hadîths isolés (ahâd) traitant de cette question. L’un d’eux est rapporté par l’Imâm Ahmad ibn Hanbal, où le Prophète ﷺ a dit :

” وأما الذي مات في الفترة فيقول: رب، ما أتاني لك رسول، فيأخذ مواثيقهم ليطعنه فيرسل إليهم أن ادخلوا النار، فوالذي نفس محمد بيده لو دخلوها لكانت عليهم بردا وسلاما”

« Celui qui meurt durant la période de Fatrah dira : “Ô Seigneur, aucun messager ne m’est parvenu.” Allah leur fera alors prêter serment, réfutera leur argumentation et les enverra vers le Feu. Par Celui qui détient l’âme de Mohammed en Sa main, lorsqu’ils y entreront, le Feu deviendra pour eux une fraîcheur et un salut (et ne les brûlera pas). »

Le sens de ce hadith est le suivant : bien que leur lieu assigné soit l’Enfer, ils n’y subiront aucun châtiment. Le Feu sera pour eux une fraîcheur et un apaisement. Ils ne subiront ni souffrance ni tourment.

Il est donc inutile de s’attarder sur ces questionnements, car ils n’apportent aucun bénéfice concret. Ce qui importe réellement, c’est de s’efforcer de transmettre l’Islam aux gens d’aujourd’hui, qu’ils en aient entendu parler ou non. Nous devons nous concentrer sur la manière de faire parvenir l’Islam à toute l’humanité, et la seule solution pour cela est l’établissement de l’État du Califat islamique.

C’est pourquoi la lutte pour le rétablissement du Califat constitue la plus grande obligation (fardh). En effet, il est impératif de sauver de l’Enfer ceux qui se disent musulmans mais vivent dans la négligence et l’ignorance. Beaucoup de musulmans sont égarés, commettent des interdits et n’ont pas une véritable connaissance de l’Islam, en raison du système laïc et démocratique dans lequel ils vivent.

Le système éducatif, les médias et les faux savants du régime démocratique laïc détournent les gens de la vérité. Nous devons réfléchir à la manière de sauver ces personnes du châtiment. Car tant que le Califat ne sera pas rétabli, ces gens continueront de vivre dans l’égarement.

Esad Mansur

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